UFOA B Dames-Les raisons occultes d’une déroute qui fait mal à tout un peuple

La déroute du Togo au Tournoi de l’UFOA B Dames à Abidjan en Côte d’Ivoire, fait mal. Elle fait mal parce qu’elle frise le ridicule. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Sinon, il faudrait faire le deuil du football féminin au Togo. Écrasé par le Sénégal (6-0), le Togo vient d’exploser en morceaux face au Mali (8-0). Et dire que le Mali est un invité de dernière minute, après le désistement du Bénin. Mais le pire, c’est qu’une ultime déroute attend le Togo face au Nigeria.

En effet, les Super Falcon du Nigeria, c’est les championnes d’Afrique en titre. Il n’est donc pas difficile d’imaginer le calvaire du Togo face à un adversaire aussi redoutable.À moins que le Nigeria, déjà qualifiée n’aligne une équipe de remplaçantes. Dans quelle galère la FTF a-t-elle donc embarqué nos filles ?

Les raisons profondes de la déroute du Togo

Togo au Tournoi UFOA B Dames

La sélection du Togo au Tournoi Final UFOA B Dames, Abidjan 2018. Le Togo a été écrasé par le Sénégal (6-0) et humilié par le Mali (8-0).

Donnons-nous les moyens de gagner les compétitions auxquelles le Togo participe. Ou du moins donnons-nous les moyens d’y être performants. Qu’on arrête de nous seriner des stupidités du genre : « Dans cette compétition, les filles sont allées pour apprendre. » Les compétitions sportives sont de véritables examens. Qui se présente à un examen sans une préparation idoine est stupide. Et qui fait preuve de stupidité, échoue inévitablement. Par la faute des autorités sportives, l’Équipe Féminine du Togo n’est pas à la hauteur de sa mission.

L’an passé, après 10 ans d’inactivité, sans aucune subvention préalable de l’État, des équipes féminines mal préparées ont été regroupées par la FTF qui leur a octroyé une subvention dérisoire pour participer à une compétition nationale tronquée qui s’est terminé au mois de mai 2017. Depuis lors, aucune compétition nationale n’a été proposée. Conséquence : huit (8) longs mois d’inactivité. Pas de soutien financier, technique ou structurel pour les clubs féminins. Ce sont pourtant leurs équipes qui préparent en amont, techniquement, tactiquement et physiquement les joueuses sélectionnables en équipes nationales.

Les faiblesses du Togo

Ce qui manquent à nos filles, c’est des clubs structurés. C’est aussi des entraînements réguliers sous la conduite d’entraîneurs bien formés. C’est enfin des matches en club et des compétitions nationales régulières pour être prêtes physiquement, techniquement et tactiquement. Ce n’est qu’ainsi qu’elles peuvent gagner en confiance et prétendre remporter des victoires. Pour relever ces défis, les clubs féminins et la fédération nécessitent une subvention permanente de l’État et du Gouvernement togolais.

Au vu de ce qui précède, il est clair que la sélection féminine togolaise n’a aucune chance, mais aucune, d’être performante au haut niveau international. Face à des sélections compétitives et aguerries comme le Sénégal, le Mali et le Nigeria, elle ne peut qu’être vaincue et humiliée. C’est ce qui est en train de s’avérer à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Un débat sur les raisons de la déroute

Un leader d’opinion a posté sur un réseau social que « nous ne devons pas avoir honte de notre équipe. C’est ce qu’elle vaut et c’est ce qu’on mérite… J’ai écouté sur certaines radios ce matin (samedi 17 février, ndlr.) que l’équipe n’était pas prête et qu’il ne fallait pas qu’on y aille. Moi, je suis contre cette façon de percevoir les choses ». Étonnant, n’est-ce pas ? Mais lorsque la FTF écrit que son objectif premier est la participation du Togo au tournoi de l’UFOA B dames, on peut dire sans crainte qu’elle essaie de noyer le poisson. C’est révoltant.

Le peuple togolais ne mérite pas la prestation peu honorable de ses ambassadrices à Abidjan. Cependant, les filles ne sont pas coupables. Les coupables, c’est la FTF et le Gouvernement togolais. Pourquoi le Chef de l’État, Faure Gnassingbé, trouve-t-il des fonds suffisants pour le « yovo » Claude Le Roy pour bien préparer les Éperviers A et Espoirs aux compétitions internationales, et pourquoi n’en octroie-t-il pas autant, et à temps, au Président de la FTF, le Colonel Guy Akpovy, afin que la sélection de Kaï Tomethy, puisse bénéficier d’une préparation suffisante ? À moins que le Colonel Akpovy ait dilapidé l’essentiel des fonds que le Chef de l’État aurait mis à sa disposition pour la sélection féminine. Nous en doutons fortement ?

Les missions d’une sélection nationale

Les Togolais ont le droit d’avoir « honte » de cette équipe nationale qui bafoue leur honneur et dignité. Il faut se rappeler qu’une sélection nationale est une représentation du génie et du savoir-faire du peuple dont elle est issue. C’est de cela dont il s’agit. C’est ainsi que le monde extérieur perçoit les missions d’une sélection nationale. Un peuple togolais capable de qualifier sa sélection pour une phase finale de coupe du monde où l’équipe a fait des prestations honorables, mérite mieux. Ce peuple a le droit de fustiger les responsables de la déroute de ses représentants. Personne n’aime être ridiculisé, ni humilié.

La Honte, il faut le savoir, est une prise de conscience douloureuse de son indignité, de son déshonneur pour avoir agi, ou avoir laissé agir malhonnêtement, immoralement. » Qui comprend cela ne peut que condamner ceux qui ont placé l’Équipe du Togo dans une posture telle que défendre l’Honneur, la Dignité et la Fierté de notre cher pays est devenu une mission impossible.

Enfin, le post dit : « J’ai écouté sur certaines radios…que l’équipe n’était pas prête et qu’il ne fallait pas qu’on y aille. Moi, je suis contre cette façon de percevoir les choses. » Nous sommes en désaccord total avec cette déclaration pour deux raisons : la première coule de source, les compétitions internationales sont des examens exigeants qui nécessitent une préparation idoine ; la seconde raison, c’est que la déclaration est une communication qui absout nos autorités sportives de toute responsabilité et encourage la gabegie. Nul ne peut jouer avec la Dignité et la Fierté de son pays. Notre conviction est que ceux qui pratiquent ce jeu malsain manquent d’Honneur.

Avoir un esprit conséquent est nécessaire

En outre, quand la planification, l’organisation, la coordination et la bonne gestion de la chose sportive font défaut, il faut rectifier le tir avant de s’engager sur la scène internationale. Quand on a conscience qu’une équipe n’a pas bénéficié d’une préparation appropriée, il faut avoir le courage de prendre le temps qu’il faut avant de l’envoyer dans l’arène internationale. Sinon, c’est exposé l’équipe et la nation représentée à une humiliation. L’homme d’État responsable est celui-là qui prend les dispositions idoines pour le bonheur de son peuple. En l’espèce, il ne suffit pas de regrouper des joueuses physiquement, techniquement et tactiquement faibles, pendant un mois, pour prétendre disposer d’une équipe nationale représentative.

Pour terminer, au Togo, il y a des talents qui ont de la volonté et de la passion du jeu. Mais ces vertus-là ne suffisent pas pour être performant au haut niveau. Pour remporter des succès réguliers, il faut planifier, organiser, mobiliser et bien gérer les ressources, respecter l’agenda des compétitions nationales et internationales, et enfin faciliter une préparation finale idoine à la sélection. Ce n’est que de la sorte que nos sélections nationales peuvent être prêtes pour défendre les couleurs nationales.

Arrêtons avec l’impréparation

Pour conclure, nous affirmons que rien ne peut justifier l’absence de préparation de nos équipes nationales. « Aucune justification n’est recevable quant à une préparation inadéquate. On ne peut pas penser que le Togo n’est pas capable de définir un objectif, d’y être fidèle et de le réaliser avec succès. Nul n’a le droit de le penser car ce serait faire injure à l’Intelligentsia togolaise. »

« Il est temps d’arrêter avec l’improvisation et l’impréparation… On doit éviter les méthodes d’hier qui n’ont produit rien de pérenne » dixit Kodjo AVOULETEY, journaliste de son État.

« Le problème, c’est que notre pays n’a pas de politique sportive. Il n’y a pas de volonté pour le développement des sports. » clame Sandani MANKOUBI. Et le journaliste Fazzio GALLEY de conclure sous forme de boutade : « Est-ce qu’il y a une vision même pour notre sport… Est-ce que le Togo a un ministère des sports ? » Le débat est relancé sur les réseaux sociaux.

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