Salou Bachirou… Des propos bien fondés, et un seul souci : le bien du sport togolais.

Un peu plus de vingt années se sont écoulées, entre le 16 février 1998, jour de la dernière apparition de Salou Bachirou avec l’équipe nationale du Togo, et le 24 février dernier où on l’a écouté sur une chaine de radio à Lomé. Ainsi, l’ancien attaquant international a brisé le silence. Un silence entretenu durant deux décennies, qui heureusement, ne l’a pas effacé dans le cœur et dans les souvenirs de ses nombreux fans. Sa sortie samedi dernier sur Radio Metropolys, devient alors un événement ; et ses réponses pour chaque question, à lui, posée par l’animateur principal de l’émission « Metro Sport », Yves de Fréau, ont paru bien mesurées, bien méditées…

Salou Bachirou, une vérité difficile à contrecarrer

Salou Bachirou, ex attaquant international togolais

Sur son analyse de la situation actuelle du sport togolais, Salou Bachirou a vu juste. N’en déplaise à ceux dont les dividendes naissent de leur tendance à mentir ou à dire à l’autorité ce qu’elle veut entendre.

Une cependant, suscite encore beaucoup de réactions, beaucoup de commentaires, et même des critiques chez certains observateurs, hommes et femmes de médias. C’est lorsque l’ancien attaquant d’Agaza Omnisport du Togo et du club allemand de Borussia Dortmund affirma :

« Nous sommes tous des Togolais, et nous devons travailler la main dans la main pour l’ensemble du sport togolais. Ce n’est pas seulement du football qu’il s’agit, il y a d’autres sports qui ont besoin d’être boostés pour que le sport de notre pays avance. Je sais pour l’heure une chose, c’est que le sport togolais, le football en particulier, a reculé de 30 ans en arrière. Et c’est assez déplorable. Il nous faut décider d’avancer à présent. En ce qui nous concerne, les jeunes doivent profiter de notre expérience sur le terrain ».

On a beau chercher ce qui est choquant dans cette réaction du « Malabar », on n’en trouve pas. On a remarqué que, ces « serpents togolais » qui ont tendance à retrouver leur venin dans une vague de mer, se sont efforcés de prendre cette partie de l’intervention de Salou Bachirou « le football en particulier, a reculé de 30 ans en arrière », pour lui lancer leurs vilaines et mortelles substances.

Alors que, certains l’accusent de n’avoir rien fait pour le football togolais depuis qu’il a raccroché, d’autres lui en veulent d’avoir tourné le dos à l’équipe nationale du Togo après la CAN Burkina-Faso 1998 sans, disent-ils, « aucune raison ». Il y en a qui sont allés jusqu’à affirmer qu’il fait partie de ceux qui ont fait reculer le foot de son pays de 30 ans en arrière. D’autres anticonformistes pensent que ce foot n’a aucunement reculé de ces années dont Salou Bachirou a fait mention dans son interview.

Les raisons d’une si longue rupture

Face à cet océan de charges, beaucoup d’autres, ont pris la défense de l’ex international togolais. Qui, pour revenir sur l’ingratitude dont certaines autorités sportives et politiques, ont fait preuve vis-à-vis de l’ancien capitaine général de la sélection, qui, pour ressortir les vraies raisons de sa longue rupture avec son…pays.

Les faits remontent au début de l’an 1998 où le Togo, s’était engagé dans les préparatifs de la phase finale de la CAN prévue pour se dérouler au Burkina-Faso, du 7 au 28 février de cette année. Pour tout préparatif, la sélection togolaise, s’était regroupée deux semaines plus tôt à Lomé pour des séances d’entrainement et quelques rencontres amicales de bas calibres. À la fin des préparatifs et avant de rallier Ouagadougou, le Togo a même courbé l’échine en amical au Stade Municipal de Lomé, sur le score sans appel de 0-4 devant le Mali.

Evidemment, pour un joueur de son rang, Salou Bachirou avait jugé l’organisation et les préparatifs pour cette CAN, une grande compétition, tout à fait insuffisants. Il a pu en discuter courageusement avec certains barons de la sphère politique et sportive nationale. Ce qui, à l’époque, était tout simplement « intolérable ». Le « Malabar », aux yeux du politique, avait donc commis un crime de lèse-majesté. Il était attendu au carrefour pour répondre de cet acte d’intrépide.

A l’heure du compte, l’attaquant international eut le malheur d’inscrire…0 but après trois matches disputés à la CAN en tant que titulaire contre la RDC, le Ghana et la Tunisie. Pire, son rendement était jugé peu satisfaisant. La sentence immédiate, prit d’abord diverses formes de menaces qui, à la fin, contraignirent le jeune homme à ne plus passer par Lomé, avant de rallier l’Allemagne.

Quand on se sent diffamé et trahi par les siens, que fait-on ?

Salou Bachirou qui s’était souvenu de tous les sacrifices consentis pour son pays, en tant que sportif, s’était alors senti trahi et fortement blessé. Profondément meurtri, le buteur de MSV Duisburg qui des fois, après un match de championnat allemand vendredi, rentrait par un vol régulier dans la nuit profonde à Lomé, samedi, à ses propres frais, pour défendre les couleurs de sa patrie le lendemain, n’a pas pu comprendre cette animosité subite de ses compatriotes dont la plupart l’accusaient d’une affaire de sexe sans tête ni queue….

Alors, pour simplifier les choses, il fit une croix sur la FTF. Histoire de sauver sa peau, de protéger sa famille et de mieux s’occuper de sa carrière professionnelle. Cette rupture dura jusqu’en juillet 2006 alors qu’il était au service de Kapellen-Erft. Derrière ce dernier club, on note KAS Eupen (2004-05), Alemannia Aachen (2003-04), Hansa Rostock (2000-03), Eintracht Frankfurt (1998-2001), MSV Duisburg (1995-98).

Durant toutes ces années, et alors qu’il enfilait but sur but pour ces formations mentionnées plus haut, le Togo le regretta. Mais jamais, un pas officiel pour le laver des calomnies, n’a été fait, aucune main gouvernementale n’a été tendue vers le bonhomme pour le persuader de revenir. Ce fut un terrible gâchis que ce robuste attaquant soit resté sur les 17 réalisations enregistrées avec le Onze National (nom de la sélection togolaise à l’époque).

128e au classement mondial, une chute historique du Togo

Au vu de tout ça, qui pour porter un jugement sur le football togolais si ce ne sont des hommes de la trempe de Salou Bachirou ? Et pour dire ce qu’ils en pensent réellement ! Avouer qu’on est malade, n’est-ce pas la garantie de bénéficier de soins rationnels pour pouvoir en guérir ? Le football togolais qui a reculé de 30 ans en arrière, ce n’est un secret pour personne. D’ailleurs, sa chute historique jusqu’au 128e rang mondial actuel en est l’illustration.

Ainsi donc, si on admet que deux clubs togolais (Étoile Filante et Agaza Omnisport de Lomé) ont disputé deux finales de Coupes africaines des clubs, le premier, en mars 1969, et le second, en décembre 1983 ; et que, depuis 35 ans, aucun représentant togolais n’a pu atteindre les demi-finales, pourquoi n’admettrait-on pas que le football togolais a reculé de 30 années ?

Si on admet également qu’en 2006, le Togo était à la phase finale de la coupe du monde, et que, en ce temps-là, il était classé parmi les 32 meilleures nations du monde ; et si on admet que le dernier classement FIFA place le Togo au 128e rang mondial, et qu’il est dépassé par le Malawi, le Rwanda, le Niger, la Namibie, Madagascar, la Mauritanie, le Bénin, la Guinée-Bissau, et même la Syrie et la Palestine, deux nations en guerre contre une occupation étrangère, pourquoi n’admettrait-on pas que le football togolais a reculé de 30 années?

Impossible de manipuler les chiffres en sport

Sur son analyse, Salou Bachirou a vu juste. N’en déplaise à ceux dont les dividendes naissent de leur tendance à mentir ou à dire à l’autorité ce qu’elle veut entendre. On peut inverser les chiffres en politique. En sport, quand les chiffres parlent, il n’y a pas mot à dire.

Dommage que, ceux qui ont pu déceler les poux sur la tête rasée de l’ancien attaquant d’Agaza, n’ont pas remarqué qu’il a également donné des conseils aux jeunes joueurs, et invité les dirigeants sportifs à payer de bons salaires à ces derniers.

C’est sans doute parce qu’il est arrivé à se libérer de ses vieilles amertumes que, le « Malabar » s’intéresse de nouveau au sport togolais. Mieux encore, il a publiquement annoncé son retour au pays natal dans les prochains mois. Le mieux qu’on puisse lui souhaiter, c’est juste un « heureux retour ! ». Un retour qui ne pourrait qu’être salvateur !

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