Salou Bachirou : « Le football togolais a reculé de 30 ans… Les jeunes doivent profiter de l’expérience des anciens internationaux »

On croyait l’avoir perdu définitivement mais l’ancien Scorpion Noir de Tokoin devenu Panthère à Bangagté au Cameroun, avant d’aller à la conquête de l’Allemagne, reste attaché à son pays le Togo. Dans une interview accordée ce samedi 24 février à Radio Metropolys Lomé, Salou Bachirou a, sans s’en rendre compte, touché plein de nostalgiques. Plein de cœurs… Les cœurs de ceux qui l’avaient connu dans ses années de gloire et de sacrifices pour son pays, entre 1989 et 1998, et les cœurs de ceux qui, aujourd’hui le découvrent avec sa sagesse de bientôt cinquantenaire (il aura 48 ans le 15 septembre 2018).

En l’écoutant, une chose frappe : l’ancien attaquant de la sélection togolaise, et des clubs allemands aussi prestigieux comme le Borussia Mönchengladbach avec lequel il a remporté la Coupe d’Allemagne en 1995, le Borussia Dortmund, le MSV Duisburg et l’Eintracht Frankfurt, n’a pas changé. Toujours aussi calme, posé et réfléchi, Salou Bachirou a répondu à chacune de nos questions sans se dérober. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, chose très rare chez l’homme, nous avons pu nous apercevoir de son profond et traditionnel attachement à son pays et de son amour pour ses jeunes compatriotes. Lecture !

Salou Bachirou aujourd'hui agent de joueurs.

« Nous sommes tous des Togolais, et nous devons travailler la main dans la main pour l’ensemble du sport togolais. »

Bonjour grand champion. Voudriez-vous bien vous présenter aux auditeurs de Radio Metropolys Togo ?

Bonjour cher frère. Je m’appelle Salou Bachirou, ancien international togolais vivant en Allemagne. J’ai fait ma carrière internationale en Allemagne précisément, après avoir débuté au Togo avec Agaza Omnisport de Lomé.

Salou Bachirou a-t-il les nouvelles du foot togolais ?

Je peux vous assurer que je suis de près ce qui se passe dans le foot togolais. Soit à travers les réseaux sociaux ou par téléphone. J’ai des amis à Lomé et partout qui m’informent souvent et presque tout le temps. Un jour ça marche, l’autre pas. Nous devons chercher la perfection et une certaine stabilité. Je le dis tout simplement parce que, le Togo c’est mon pays, et ça, je ne peux jamais l’oublier.

Vous pouvez dans certains domaines apporter beaucoup de choses à votre pays. Est-ce que vous y pensez ?

J’y pense, et je sais que je peux apporter plein de choses, mais, excusez-moi, je ne suis pas le seul. Alors je dis ceci : on peut apporter beaucoup de choses au football togolais. Je peux vous citer des noms comme Affo Atti, Fiawoo Koffi et beaucoup d’autres anciens qui peuvent apporter leurs expériences pour aider ce football. Seulement, on ne peut le faire sans être sollicités. On ne peut pas quitter nos bases, rentrer au pays et commencer par parler ou dire des choses… Le mieux, c’est attendre d’être sollicités comme ce fut le cas d’Agassa Kossi et Abalo Dosseh. Une main tendue des autorités, voyez-vous ? Je crois, à mon avis, que c’est comme ça que les choses doivent se passer. Tout comme au Cameroun, en Côte d’Ivoire, dans certains pays européens même, avec des cellules d’anciens combattants, d’anciens internationaux, j’allais dire…

Vous le dites, c’est vrai. Mais une chose est que l’on a besoin de vous sentir personnellement proche de votre pays pour partager votre sacrée expérience avec les jeunes. Ce sera pour quand une si noble décision de votre part ?

La Grande Équipe du Togo des années 1990. Debout de gauche à droite : Nibombé Waké, Salou Bachirou, Takpara Ratéi, Abalo Dosseh, Fiawoo Koffi et Affo Atti. Accroupis de gauche à droite : Ouadja Lantame, Ametokodo Mensah, Agbobli Amavi, Somu Mensah et feu Salou Tadjou

Pour ça, j’envisage de rentrer au pays mais je ne sais pas quand justement. Peut-être ce sera cette année ou l’année prochaine. Je verrai mon calendrier, et je vous donnerai une réponse exacte sur la période à laquelle je pourrai rentrer. Nous sommes tous des Togolais, et nous devons travailler la main dans la main pour l’ensemble du sport togolais. Ce n’est pas seulement du football qu’il s’agit, il y a d’autres sports qui ont besoin d’être boostés pour faire avancer ou changer les choses. Je sais pour l’heure une chose : c’est que le sport togolais dans son ensemble, le football en particulier, a reculé de 30 ans. Et c’est assez déplorable. Il nous faut décider d’avancer à présent. En ce qui nous concerne, les jeunes doivent profiter de notre expérience sur le terrain. Je promets que, ça ne va pas tarder.

Nous sommes très honorés que vous ayez accepté de vous entretenir avec nous. Alors pour finir, un appel, un message, un conseil à donner aux dirigeants sportifs de notre pays ?

Je n’ai pas de conseil à donner aux dirigeants. C’est plutôt aux joueurs que je m’adresse. Quand on choisit de jouer, on le fait pour soi d’abord. Après, il y a peut-être une sélection en équipe nationale. Je demande aux jeunes de se défoncer dans leur club, de tout donner pour pouvoir accéder à un plafond. Pour avoir un niveau, il faut travailler dur. Sans cet effort comment un dirigeant peut-il vous aider à faire quelque chose ? Quand on évolue dans un club, il faut montrer aux fans, aux entraîneurs et au public qu’on est capable de quelque chose et prouver chaque fois qu’on est un bon joueur, et par la suite un grand joueur digne de l’équipe nationale. C’est là encore où on doit mouiller plus le maillot pour pouvoir se faire une place dans le secteur professionnel.

On revient toujours aux dirigeants. Un mot…

Les dirigeants doivent absolument apprendre qu’il faut toujours motiver le joueur, et que ce dernier a le droit d’avoir un bon salaire. Avec ça, le joueur n’a pas de problème à la maison. Il est libéré dans sa tête, et forcément il doit tout donner.

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