Hooliganisme au sommet de Gbohloe Su, le Président Bertrand Masségbé sur le banc des accusés

Le Président de Gbohloe Su, Bertrand Masségbé, s’est placé dans le camp des accusés de violence dans le sport. Le football est décidément un sport étrange où des actes répréhensibles interviennent par moment, et surprennent aussi bien les bourreaux eux-mêmes que leurs victimes. Cette discipline manie parfois le paradoxe avec une perfidie ahurissante, laissant au fond de la gorge comme un arrière-gout de colère et d’indignation. Le football est ainsi qu’il peut faire poser des actes punissables à un président de club respectable et respecté. Des actes répréhensibles, des actes ignobles qu’il se surprend lui-même à poser…

Le-Président Bertrand Massegbe de Gbohloe Su des Lacs (à gauche) et le journaliste Yves de Fréau

Le-Président Bertrand Massegbe de Gbohloe Su des Lacs (à gauche) et le journaliste Yves de Fréau. Photo d’archives.

Les enjeux énormes d’un match

Les enjeux énormes d’un match de football et les pressions intenses qu’ils génèrent ne peuvent en aucun cas justifier les actes de violence ou générateurs de violence posés par un dirigeant de club. Le duel ‘’Gbohloe Su vs Étoile Filante’’, comptant pour la 15ème journée du championnat national de Deuxième Division était un de ces matchs dont les enjeux sont décisifs.

Gbohloe Su, 2e au classement, devançait l’Étoile Filante de 3 points. En application des nouvelles dispositions réglementaires, une défaite de Gbohloe Su le délogerait de la seconde place au profit de l’Étoile Filante. Les chances de montée en Première Division, à trois journées de la fin du championnat, des Requins des Lacs seraient compromises. Au contraire, le Shooting Star y croirait un peu plus fort.

L’incompréhensible provocation du Président de Gbohloe Su

Il s’appelle Bertrand Masségbé. C’est un Togolais, fils d’Afangna, âgé de plus d’une quarantaine d’années, directeur de société, et président de Gbohloe Su des Lacs depuis environ 8 ans.

Pour le grand malheur du football, de certains supporters et plus particulièrement d’un joueur de l’Etoile Filante de Lomé, Ajavon Ayi Albert, Monsieur le Président de Gbohloe-Su, bien sapé dans une…culotte et un tee-shirt, n’a trouvé place au stade de Kpota que, derrière les buts occupés par le Shooting Star, toute la première période du match de ce dimanche 1er avril 2018 à Aného.

Juste après le coup de sifflet final de la première période de ce duel ‘’Gbohloe Su vs Étoile Filante’’, comptant pour la 15ème journée du championnat national de Deuxième Division, les visiteurs, s’étaient alors dirigés dans leur surface de réparation, et placés sur la ligne de but entre les montants, pour leur prière d’avant pause. Depuis le lieu de reportage, on aperçût M. Bertrand Masségbé et un officiel de Gbohloe Su (badge bien accroché au cou) rentrer sur le terrain de jeu et dans la surface de but des visiteurs, puis se retrouver sur la même ligne de but, parmi les joueurs de l’Étoile Filante…

Cette intrusion déclencha une dispute entre le défenseur de l’Étoile Filante, Ajavon Ayi Albert, et Monsieur le Président. « J’avais juste demandé au président de Gbohloe Su ce qu’il venait chercher là, parmi nous… et il rétorqua en me renvoyant la question : vous cherchez quoi, vous, là ? » rapporta Ajavon Ayi Albert.

Au même moment, les autres joueurs de l’Étoile Filante faisaient signe à l’arbitre, M. Agbédanou Kwamivi, de s’amener pour régler le problème posé par la présence « peu opportune » sur le terrain de jeu, parmi eux, de M. Masségbé et son compagnon.

Bertrand Masségbé pointé du doigt par ses propres supporters

Auteur-du-coup-de-poing-au-visage-du-joueur-Ajavon-Ayi

L’auteur du coup de poing au visage du joueur Ajavon Ayi Albert est l’homme en T shirt blanc, encadré par trois agents des forces de l’ordre. Nous n’avons pas encore son nom mais il serait l’un des responsables de Gbohloe Su.

La dispute entre les joueurs et le président, suivait son cours honteux, quand un crochet foudroyant partit de l’autre officiel de Gbohloe Su et atteignit la figure du défenseur Ajavon Ayi Albert, et le mit K.O. La suite, ce fut une bataille rangée sur l’aire de jeu. Et, alors que les agents des forces de l’ordre s’employaient à extirper les éléments nuisibles du terrain, des duels isolés se tenaient dans presque tous les coins de la surface de jeu. La violence régnait alors à la place du football. Chose que personne ne pouvait comprendre ni expliquer, le match ayant bouclé ses 45 premières minutes sans réel incident.

Très vite, les premières dénonciations se faisaient entendre. Le premier accusé pointé du doigt par les supporteurs de Gbohloe Su, se trouvait être… Monsieur le Président de Gbohloe Su, Bertrand Masségbé :

« Qu’est-ce qu’il vient de nous sortir encore ? », « Comment peut-il gâter le match comme ça ? », « Qu’est-ce qui lui a pris de se retrouver là-bas dans les buts avec les adversaires ? »

Telles étaient entre autres les interrogations des supporters du club des Lacs, lorsque les rumeurs commençaient par circuler sur un possible abandon de la rencontre par l’Étoile Filante, pour « cause d’insécurité ». Mais le football a beau avoir mauvais dos parfois, le fair-play prédomine habituellement. La preuve, après quelques concertations entre dirigeants, staff technique et joueurs, les Bleus acceptèrent sportivement de reprendre la partie. Non sans faire des réclamations écrites relatives aux actes malheureux déclenchés contre eux et leurs supporters par le président Bertrand Masségbé et ses éléments de troupe.

Les Bleus terminent le match la tête ailleurs

Une des victimes des violences dans le sport

Une des victimes des violences dans le sport, celles du match Gbohloe-Su des Lacs vs Étoile Filante, de la 15e journée de D2 joué le 1er avril à Aneho.

Qu’importe le score à la fin, en faveur de Gbohloe-su, grâce au but marqué du bout du pied par Gbadamassi Koudouce, à la 80e mn ! Le capitaine Messan Eric et ses coéquipiers, semblaient après ces incidents, avoir la tête ailleurs… Eux qui venaient de subir et d’assister aux déchainements et à d’incroyables scènes de violence commis sur certains d’entre eux, et encore plus sur leurs supportrices et supporters. Du sang a coulé. Crânes brisés, par-ci, blessures corporelles, par-là, et bien d’autres bestialités « made in Aného », font partie de l’œuvre. Une œuvre bien sombre entamée par le grand requin Bertrand et parachevée par ses ouailles.

Le système de terreur venait de nouveau ternir l’image du jeu. Le football, une nouvelle fois, est victime des intolérances des enfants d’un même pays, d’une même région, presque d’un même clan… En ce dimanche de Pâques, il renvoie au monde l’image d’une société togolaise de plus en plus violente. La faute, cette fois à ces sauvages déguisés en président de club, officiels et supporters.

La FTF et ses commissions compétentes doivent dire le droit

Chose encore plus déplorable, l’agresseur du défenseur de l’Étoile Filante que les forces de l’ordre, avaient semblé arrêter après son forfait, est aperçu autour de 18 heures, se pavanant tranquillement dans les rues d’Aného. Preuve de l’institutionnalisation d’une certaine impunité dans la République ?

Pour l’heure, l’Association Culturelle et de Loisirs Étoile Filante du Togo, tout en soignant ses malades et blessés, s’en remet à la FTF et à ses commissions compétentes pour plancher sur le sujet, situer les responsabilités et sévir. C’est là qu’on saura vraiment, comme le dit ce proverbe espagnol, que « Les fous serrent les nœuds, et les sages les dénouent ».

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