Les Évangiles selon Claude Le Roy et l’échec programmé pour la sélection dirigée par Kaï Tomethy

« Les Évangiles selon Claude Le Roy » se financent religieusement parce que, au Togo, le « yovo » est Dieu. Et l’autochtone est le Diable. En effet, il est remarquable que Kaï Tomethy et Claude Le Roy bénéficient de traitements diamétralement opposés. Pourtant les deux occupent les fonctions identiques de sélectionneur. Leurs sélections défendent l’honneur et la dignité du Togo sur la scène internationale. Au Français, l’État togolais octroie tous les moyens nécessaires pour réussir sa mission. À la Togolaise, très peu de moyens. Pas suffisants pour réussir sa mission. Pire, pour Kaï, l’échec est inéluctable. C’est ce comportement malsain que dénonce le journaliste Edoh Akue Kpakpo dans la chronique qui suit. Les intertitres sont de la rédaction de togofootball.org avec l’autorisation de l’auteur.

La chronique

La Coupe des Nations de l’UFOA de football féminin se dispute en Côte d’Ivoire du 14 au 24 février 2018. Tous les pays concernés le savent depuis bien longtemps. Le Togo aussi. Et c’est sans aucun doute pour aider leurs ambassadrices à faire comme de coutume piètre figure que les autorités sportives togolaises ont attendu moins de 6 semaines avant le début de la compétition, pour nommer un staff technique pour la sélection togolaise. Celle-ci est dirigée par la sélectionneuse Kaï Tomethy.

L’Équipe Féminine du Togo entre résistance et abattoir

Éperviers Dames

L’Équipe Féminine du Togo en phase préparatoire. Elle prend part au Tournoi de l’UFOA 2018 à Abidjan en Côte d’Ivoire du 14 au 24 février.

Derrière la sélectionneuse, une passionnée de football depuis les cours primaires, s’aligne innocemment un groupe de joueuses prêtes à donner ce qu’elles ont. Juste ce qu’elles ont comme métier et vécu en football. Ce qui se traduit ici par PEU DE CHOSES ! Décidément, le Togo ne semble pas prêt à changer ses traditionnelles habitudes en matière de préparation des grands rendez-vous sportifs auxquels il souscrit librement. C’est à se demander s’il existe ailleurs une politique sportive aussi absurde que celle du Togo : se donner les moyens pour échouer.

Tenez, le 6 janvier 2018, soit, 39 jours avant le début de la compétition, la FTF propose (on écrit bien « propose ») une quarantaine de joueuses à la sélectionneuse Kaï Tomety pour en tirer 23, susceptibles de faire le voyage d’Abidjan pour représenter le Togo.

Des joueuses sans compétition récente dans les jambes

Inutile de préciser qu’aucune compétition proche n’avait été organisée avant. Il y avait donc un risque notoire de retrouver dans ce lot, des filles en méforme ou même enceintes. Mais, peu importe le lourd fardeau qu’elle est appelée à porter ! La sélectionneuse Kaï Tomethy s’emploie à « fabriquer », avec le peu de moyens et le peu de temps dont elle dispose, « son » équipe, et essayer de lui donner une âme.

Dans le programme d’entrainement, d’incessantes séances physiques, techniques et tactiques, des sorties amicales contre des équipes de l’autre sexe… Si seulement, ça pouvait suffire à donner une force rationnelle à nos filles ! Mais il y a cet adage qui dit : « rien ne sert de courir, il faut partir à point... » Oui, partir à point ! Comme on le fait si bien avec cette autre équipe nationale du Togo, attendue, grâce au sélectionneur du Togo, aux mois de mai et juin à Toulon en France pour le Festival international Espoirs 2018.

Les Évangiles selon Claude Le Roy

Équipe Espoir du Togo

L’équipe Espoir du Togo se prépare pour le Tournoi International de Toulon en France (26 mai au 9 juin 2018).

Ça fait plusieurs mois déjà qu’au cours d’une conférence de presse tenue à Kégué, Claude Le Roy a fait l’annonce de la participation du Togo au Tournoi de Toulon. Il n’y a pas longtemps, le technicien français, dans une de ses interviews publiées sur le site de ce Tournoi, déclarait que « le Togo sera bel et bien présent audit tournoi du 26 mai au 9 juin de cette année ».

Les organisateurs n’ont pas tardé, eux non plus, à confirmer sur le site de la compétition, l’inscription de la Fédération Togolaise de Football, tout comme celles d’autres fédérations nationales. Notamment, celles du Japon et de la Turquie…

On peut donc être heureux que, pour un tournoi devant se disputer à la fin du mois de mai, l’on commence ici par ménager la monture ; qu’une sélection Espoir soit déjà mise sur pied, et qu’elle travaille en vue de cette échéance.

Un double standard qui fait mal

De la même manière, on peut être malheureux de constater que le football togolais, bien qu’appartenant à la même République, ne semble pas avoir les mêmes parents, pardon, les mêmes parrains. La preuve, au moment où la FTF peine à mieux subventionner les clubs de Première et Deuxième Dvisions, tout projet, toute invention ou tout évangile de Claude Le Roy, passe.

Le « sorcier blanc » a su mettre son emprise sur ce Togo. Un pays dont les dirigeants ont généralement du mal à financer le sport. Chapeau au technicien français ! Pour avoir su mettre dans sa poche le…Premier Sportif de la Nation…

Et aussi, c’est parce qu’il est toujours difficile de détester des gens d’un certain secteur comme celui du foot, il serait tout simplement impossible de reprocher à Claude Le Roy, d’avoir des entrées faciles à Lomé II, et surtout d’apprendre à nos autorités à sortir des millions de francs CFA pour certaines causes. Les primes ponctuelles des Éperviers, les journées FIFA régulières, un stage de luxe d’avant CAN 2017 à Saly, au Sénégal, une meilleure organisation, un meilleur financement de la sélection nationale, c’est Claude Le Roy.

Et lorsque, voyant un grand boulevard de désœuvrement devant lui, chose due au réaménagement du calendrier des éliminatoires de la CAN 2019, le coach français réinventa « GRAINES DU TOGO ». Lomé II a dit oui au projet. Impossible de dire non aux Évangiles selon Claude Le Roy.

Tout pour les projets du « yovo », presque rien pour ceux des locaux

Très vite le budget est bouclé. Et grâce, nous susurre-t-on, à la Brasserie nationale, à Togo Cellulaire, et sous le Parrainage du Président de la République Faure Gnassingbé, les 89 millions de francs CFA, sont tout trouvés pour la détection de jeunes garçons nés entre 2002 et 2005, et de jeunes filles âgées de 14 à 17 ans. Évangile, pardon, le projet de Claude, c’est d’aider le Togo à disposer d’une pépinière bien remplie de jeunes joueurs et joueuses. Bien vu, oui. Et bien juste tout ça !

Ce qui est injuste, reste ce constat de tristesse et de grande pauvreté qui caractérisent la vie des clubs affiliés à la FTF. Une misère incroyable qui contraint la plupart des formations en championnat, à utiliser des maillots, shorts et bas usés, et à porter des chaussures rafistolées outre mesure. Une misère terrible qui oblige une délégation de 25 personnes à s’amasser dans un bus de 15 places. C’est l’art de voyager de certaines équipes. Quelle que soit la distance ! Pour la simple raison que la subvention de l’Etat se fait toujours désirer. Et que la Fédération semble ne pas avoir des reins solides.

Et si les clubs s’en remettaient au « Sorcier Blanc » pour être leur interlocuteur auprès des décideurs ? Ceci n’est qu’une idée. Mais aussi ridicule pourrait-elle paraître, tant que les Évangiles selon Claude Le Roy passent, pourquoi ne pas essayer le « yovo » ?

N’est-ce pas qu’avec le « Yovo », les choses impossibles deviennent possibles à Lomé II ? N’est-ce pas que, par sa magie, on vient de s’apercevoir que la Brasserie du Togo et Togo Cellulaire peuvent ouvrir des fois, certaines portes quand on les frappe ?

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