Si vous croisez George Weah… Dites-lui qu’on l’aime pour ce qu’il est et l’espoir qu’il incarne

Il y a des confrères qui nous séduisent pour la profondeur de leurs pensées et les valeurs pour lesquelles ils luttent et qui sont véhiculées dans leurs articles ou chroniques. Comme nous tous, ils ont des qualités et des défauts. On peut donc les aimer ou les détester. Mais, là n’est pas le sujet. Ce qui importe, c’est leur engagement public pour une cause. Ils rêvent d’un monde meilleur pour tous. Cela peut paraître un rêve fou. Mais n’est-ce pas au nom de rêves impossibles que les réalisations les plus grandioses ont vu le jour sur notre planète ?

Yves de Fréau, de son vrai nom Edoh Akue-Kpakpo, fait partie de ces journalistes togolais talentueux engagés dans la lutte pour le bien-être de tous. Le Sport, notamment le football, est son champ de bataille. Nous vous ferons découvrir d’autres de ces combattants qui sont sur les fronts pour que demain soit beau pour tous. Nos meilleurs vœux de bien-être pour l’année nouvelle pour tous nos fidèles lecteurs et leurs familles. 

Voici la chronique de Yves de Fréau publiée le 29 décembre sur sa page facebook. 

Si vous croisez Georges Weah… Ou alors, si vous croisez les dirigeants de mon pays…

Georges Weah

Georges Weah et son ballon d’or. L’unique ballon d’or africain de France Football vient d’être élu Président du Libéria. Cette élection suscite beaucoup d’espoir de bonne gouvernance en afrique chez ceux qui ont connu l’homme et son engagement pour son pays.

Des bidonvilles de Monrovia, il y a quelques années, il se fait une grande place aujourd’hui à la présidence du Libéria. Au plus haut sommet de l’Etat donc… Si vous croisez Georges Weah sur votre route, dites-lui qu’on l’aime. Pour ce qu’il a toujours voulu être et ce qu’il représente aujourd’hui : un exemple pour la jeunesse africaine. Dites à Georges Weah qu’il incarne l’espoir de certains peuples africains. Ne lui cachez surtout pas de lui dire qu’il nous fait adorer le Libéria, ce pays qui a touché le fond, et qui aujourd’hui, se révèle comme un exemple de tolérance, de démocratie et d’alternance politique.

Si vous rencontrez un Libérien quelque part, faites-lui de la place, des fleurs au bout de vos pétards, sans oublier surtout de louer son sens de persévérance et son refus des combats inachevés. « J’ai participé à des compétitions difficiles, et j’en suis sorti victorieux », disait Georges Weah, peu avant le second tour de ces présidentielles. Le voilà perché là-haut sur le toit de son Libéria qu’il aimait plus que tout ! Ce Libéria qu’il aimait encore plus au temps d’une guerre absurde contre le…Libéria.

Plus de 7 ans, entre 1989 et 1996, que les fils et filles d’un même pays se sont entretués sur des bases ethniques et économiques. Plus de 150 000 personnes, la plupart des civils, tuées. Des tueries qui ne se sont vraiment terminées qu’en 2002, avec un chiffre plus lourd. Un chiffre plus effrayant de 250 000 morts. L’ancien attaquant de Chelsea n’a jamais pu oublier ces atrocités commises par ses frères et sœurs sur ses frères et sœurs. Alors…

Oui, ça ne suffit pas d’avoir été un grand footballeur ou fils à papa comme dans certains pays, pour devenir président.

Alors, il s’est frayé deux chemins : celui de la gloire en tant que sportif. Au nom de la terre qui l’a enfanté. Et celui qui mène au pouvoir de son cher et adorable Libéria. Déjà avant sa retraite sportive en 2003, « Mister Georges » disait à ses coéquipiers qu’une fois sa carrière terminée, il s’occuperait de son pays dès que possible. Premier essai raté en 2005, avec quelques soupçons personnels d’irrégularité…

Deuxième essai, cette fois pour le poste de vice-président, de nouveau perdu en 2011. Puis, l’ancien attaquant du PSG a compris que, pour être vraiment président, il faut s’armer d’autres choses que de ballons, de sifflets, de godasses, de bas, de maillots et de shorts. Oui, ça ne suffit pas d’avoir été un grand footballeur ou fils à papa comme dans certains pays, pour devenir président. Le pouvoir, n’est pas un torchon qu’on ramasse sur une table à manger familiale. Alors…

Un ballon d’or et une élection présidentielle mérités, pour son peuple

Alors, si vous entendez parler de Georges Weah, partout où vous êtes, exprimez votre fierté d’appartenir à « son » Afrique. C’est lui, ce talentueux footballeur de notre continent à être le seul à gagner le Ballon d’Or européen, sous les yeux et sous la barbe de la multitude des talents sud-américains et européens existant en cette année 1995. C’est aussi lui, ce rare africain à aller se former aux Etats-Unis dans le but de devenir…chef d’Etat.

On comprend avec quelles facilités il avait obtenu son premier mandat de Sénateur dans son pays juste après son diplôme en gestion et management en 2014. Puis, président de la République trois années plus tard… Un sénateur qui continue de jouer au foot avec ses amis, et avec les jeunes de son quartier, ça ne peut qu’émouvoir. Ça ne peut que séduire. Un candidat qui prévoit de créer un système de soins accessibles à tous, de garantir la gratuité des études jusqu’en Terminale, et qui promet de baisser le prix du riz, composante principale du plat de ses compatriotes, ça ne peut qu’être le choix du peuple. Alors…

Dites à Georges Weah qu’il incarne l’espoir de certains peuples africains comme le nôtre, le Togo

Alors, le peuple l’a choisi. Si vous croisez Georges Weah sur votre route, dites-lui qu’on l’adore. Dites-lui qu’il incarne l’espoir de certains peuples africains comme le nôtre, le Togo, où des gens bien connues comme étant de hautes personnalités volent sans crainte d’être poursuivies, du 1er janvier au 31 décembre.

Des sous destinés à la construction des routes, nos dirigeants volent ; de l’argent pour des causes sportives, ils volent ; de l’argent pour entretenir leurs propres milices, ils volent ; des dons à usage social et sanitaire, ils volent ; même des produits pharmaceutiques à servir gratuitement au malade pour ses premiers soins, ils vendent…

Si par hasard, vous les croisez quelque part à Aného, à Lomé, à Notsé, à Atakpamé, à Sokodé, à Kpalimé, à Sokodé, à Kara, à Mango, ou à Dapaong, souhaitez-leur les mêmes vœux que ceux de Monseigneur Barrigah à l’heure de fêter Noël : « La plus grande grâce que je souhaite à chacun de vous en cette fête, est celle de l’humilité. Sachons regarder notre frère qui est à côté de nous ; mettons-nous à son service ; apprenons à partager et alors, notre terre sera beaucoup plus belle ».

L’humilité légendaire de « Mister Georges »

C’est parce que « Mister Georges » est resté humble tout au long de sa carrière de joueur, humble sur son court chemin réalisé en politique, savait regarder ses frères qui sont à côté et même loin de lui, se mettait à leur service, et savait partager avec eux, qu’il est ce qu’il est aujourd’hui : président de la République du Libéria.

Rien à voir avec certains qui, en cette fin d’année, n’ont pour seules solutions que, la délation, l’intimidation et la violence comme réponses aux revendications de leurs populations. Alors, si vous croisez Georges Weah, ne manquez jamais de lui souffler qu’il incarne l’espoir de certains peuples africains. Ne lui cachez surtout pas qu’il nous fait adorer le Libéria, ce pays qui a touché le fond, et qui aujourd’hui, se révèle comme un exemple de tolérance, de démocratie et d’alternance politique.

N.B. Les intertitres ont été introduits par la direction de togofootball.org pour des raisons de référencement sur les moteurs de recherche.

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