Claude Le Roy : « Le Togo est un pays de football »

Éperviers du Togo

Claude Le Roy a une mission : rendre la joie aux supporteurs des Éperviers et les ramener en masse à Kegué comme de 2000 à 2006

Après le Cameroun (à deux reprises), le Sénégal, la RD Congo (deux fois aussi), le Ghana et le Congo, Claude Le Roy va diriger avec le Togo sa sixième sélection nationale africaine. Le Français, âgé de 68 ans, qui a déjà disputé huit phases finales de CAN – qu’il a remportée en 1988 avec le Cameroun – s’est engagé pour trois ans avec les Éperviers.

Personne ne s’attendait à votre nomination au Togo. Comment a-t-elle été décidée 

Cela s’est fait tardivement. J’ai été approché par un Européen installé au Ghana qui a de très bonnes relations avec le Togo. Comme je savais que le Belge Tom Saintfiet était sous contrat avec les Éperviers, j’ai d’abord répondu que je ne discuterais pas tant qu’il y avait un sélectionneur en place. Mais on m’a précisé que les deux parties allaient se séparer à l’amiable.

A partir de cet instant, nous avons commencé les discussions et les négociations, et je me suis rendu à Lomé. J’ai rencontré le président de la fédération, Guy Akpovy, le ministre des sports [Guy Madjé Lorenzo, qui détient également les portefeuilles de la communication, de la culture et de la formation civique] et enfin le président de la République, Faure Gnassingbé, qui souhaitait me saluer. Le projet m’a plu. Je n’ai pas été guidé par des motivations financières. J’ai un bon contrat, mais j’aurais pu gagner beaucoup plus ailleurs.

Avez-vous hésité ? Le Togo, miné par des conflits entre les joueurs et leur fédération, les caprices d’Adebayor et les salaires versés en retard aux staffs techniques successifs, traîne une réputation sulfureuse…

Vous savez, quand j’ai signé en RD Congo, on m’avait promis de très gros problèmes. Et ce fut la même chose quand j’ai rejoint le Congo. Finalement, même s’il y avait eu quelques petits soucis, tout s’était bien passé. Je me suis rendu à Lomé et j’ai rencontré des personnes qui voulaient vraiment que je vienne. Il y a de très bons joueurs dans cette équipe. Le Togo est un pays de football qui obtient depuis déjà pas mal d’années des résultats intéressants. Et je suis convaincu qu’il peut faire encore mieux…

Les Éperviers du Togo à Brazzaville

La fin du match Congo-Brazzaville vs Togo des qualifications de la Coupe du Monde 2006 à Brazzaville, avec la victoire décisive des Éperviers. Le Togo est compétitif s’il bénéficie d’une bonne organisation et d’une logistique fiable.

Au Togo, une de vos premières missions consistera à clarifier le cas d’Emmanuel Adebayor, qui rejoint sa sélection au gré de ses humeurs…

Je suis actuellement en France et je vais me déplacer pour rencontrer les joueurs. En ce qui concerne Emmanuel Adebayor, que je considère comme un très grand joueur et qui était, selon moi, un des meilleurs attaquants du monde il y a quelques années, je veux juste lui dire que rien n’est plus important que le collectif. L’équipe est au-dessus des statuts, des personnalités. Mais je compte sur Emmanuel. Quand vous regardez attentivement l’effectif, on y voit de la qualité. Il y a Agassa, Adebayor, les frères Ayité, Gakpé, Akakpo, Romao…

Votre première mission sera-t-elle de qualifier le Togo pour la CAN 2017 ?

Figurez-vous que cela n’est même pas inscrit parmi les objectifs ! Mais ce n’est pas pour autant que nous n’allons pas tout faire pour y parvenir. Le Togo est troisième, avec sept points, autant que la Tunisie. En juin, on affrontera le Liberia [premier avec neuf points], et en septembre, nous accueillerons Djibouti. Avec treize points, on peut se qualifier. On vise aussi la CAN 2019, sachant que pour la Coupe du monde, c’est hélas terminé.

Quelle sera votre feuille de route d’ici au match face au Liberia ?

Avant de m’installer à Lomé dans quelques semaines, je vais rencontrer des joueurs, essayer de trouver des footballeurs binationaux qui pourraient nous rejoindre. Je vais aussi composer mon staff technique. Je serai accompagné de Sébastien Migné, qui était déjà mon adjoint en RDC, à Oman et au Congo, et je vais choisir les autres membres de mon staff à Lomé. Je vais organiser mi-mai un stage bloqué avec les meilleurs joueurs locaux, et fin mai, nous disputerons un match amical avant d’affronter le Liberia. Mais je vais aussi mettre en place ma méthode de travail.

Allez-vous changer beaucoup de choses ?

Je n’appartiens pas à cette catégorie d’entraîneurs qui arrivent et disent qu’ils vont tout changer. Avant moi, des gens ont travaillé. J’ai pris mes informations sur la réalité du football togolais. Un nouveau président de fédération est en place. Il veut que les choses bougent, et notamment faire débuter le plus vite possible le championnat.

Je vais organiser rapidement un séminaire sur deux jours, avec les entraîneurs locaux, afin de leur demander ce qu’ils pensent de la situation du football togolais. J’ai besoin de leur avis, de savoir ce qu’ils souhaitent voir s’améliorer et comment on peut travailler ensemble.

Et en ce qui concerne le fonctionnement de la sélection, je vais accorder beaucoup d’importance au domaine médical, à la qualité des déplacements, comme je l’avais fait en RDC ou au Congo. J’ai appris que pour aller en Tunisie fin mars (0-1), les joueurs avaient effectué un long voyage, entrecoupé de deux escales. Ce n’est pas l’idéal. Mais j’ai hâte de débuter cette nouvelle mission…

Sourcehttp://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/07/claude-le-roy-le-togo-est-un-pays-de-football_4897856_3212.html

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