Pourquoi Aristide Bancé, l’attaquant international burkinabé, est-il devenu un footballeur globe-trotter

Aristide Bancé, attaquant des Étalons du Burkina Faso, à la chevelure teintée, vient de signer un contrat de deux ans avec le club égyptien de première division Al Masry. Sa vingtième destination donc dans une carrière professionnelle entamée en 2000 en Côte d’Ivoire.  Retour sur le parcours de ce joueur atypique contraint par les actes racistes, l’influence des agents véreux, le manque de considération de certains de ses employeurs, la malchance… à devenir  un globe-trotter.

Aristide Bancé

L’international burkinabé, Aristide Bancé, pèse sur les défenses adverses.

Aristide Bancé a un physique plutôt destiné au Basketball (1 m 93 pour 96 kg). Le footballeur international burkinabé est né le 19 septembre 1984 à Abidjan. Depuis ses débuts  jusqu’à aujourd’hui, il a voyagé un peu partout dans le monde. Son périple continue. Il vient de signer un contrat de deux ans saisons avec Al Masry, son vingtième club professionnel. Ce qui le place  à la deuxième place dans l’annale des globe-trotters derrière l’Allemand Lutz Pfannenstiel (25 clubs) et devant le Brésilien Alex Dias de Almeida (crédité d’une quinzaine d’équipes).

Vingt clubs en 18 ans de carrière. Il faut avoir un sacré caractère pour le faire. Surtout que dans le cas particulier du Burkinabè, il a tout au long de son parcours, fait face à des regards moqueurs, au racisme ; supporté l’impact de son agents porté sur le business etc. Réussir à se faire un nom malgré tout, dans le contexte tel que rappelé, est une prouesse qui s’origine dans la force de caractère de l’Africain.

Les raisons de Multiplication des clubs de Bancé

Aristide-Bancé-du-Burkina-Faso

Aristide Bancé est devenu une légende du football burkinabé, à force de travail et de ténacité. Le talent seul ne suffit jamais pour s’imposer au haut niveau international.

Ayant débuté sa carrière professionnelle, en Côte d’Ivoire, il fait ses valises pour rentrer au Burkina Faso à cause des troubles politiques de 2002. Une fois arrivé sur place, il signe à Santos FC. Il part ensuite pour la Belgique, puis l’Ukraine. Dans ce dernier pays, il est victime de racisme. « C’était vraiment dur la vie là-bas pour moi. Déjà la langue, mais aussi les cris des spectateurs dans les tribunes. Dès que je touchais le ballon ou que je m’approchais d’eux, ils se mettaient à crier. Et ça, franchement, c’est très dur. Tu ne peux pas faire abstraction », souligne-t-il dans une interview publiée sur footballski.fr. Ne pouvant plus supporter ces considérations abjectes, il retourne en Belgique.

A Germinal Beerschot dans le championnat belge, son entraîneur ne lui fait pas confiance. Repéré par  les dirigeants de Kikers Offenbach, en Allemagne, il prouve rapidement l’étendue de toutes ses qualités. Une bonne prestation en six mois lui ouvre les portes de Mayence. Il y fait une saison pleine avec 17 buts, toutes compétitions confondues et contribue largement à sa montée en  Bundesliga.

Confrontés aux conflits d’intérêts

D’abord, ses employeurs lui refusent une revalorisation salariale puis, sur son insistance, ils lui font une augmentation dérisoire. Ce que naturellement l’international burkinabé refuse, étant donné qu’il est sommet de sa carrière. Une opportunité se présente. Elle vient de Dubaï. Il l’accepte et signe. Dans ce pays, « chaque club ne peut inscrire que trois joueurs étrangers par équipe alors les places sont chères et pour mon agent, c’était un bon business de faire venir un nouveau joueur tous les ans à Al-Ahli. Du coup, je suis parti au Qatar pour libérer une place et ainsi permettre à mon agent de signer un nouveau joueur au club d’Al-Ahli », se souvient le finaliste de la CAN 2013 sur footballski.fr.

Le médaillé de bronze de la CAN 2017 quitte le championnat letton et signe à l’ASEC Mimosas, en Côte d’Ivoire, son pays d’adoption. Objectif, retrouver du temps de jeu avant la CAN 2017.

Dans une interview accordée au journal thématique burkinabé Sidwaya Sport, il déclarait : « On n’a jamais douté de moi au niveau de mon club. Là où les choses ont changé c’est au niveau de ceux qui ont passé leur temps à se poser des questions sur mon choix porté sur l’ASEC Mimosas. Au début, quand je me suis engagé avec ce club, beaucoup se sont posés des questions sur ma carrière. On a tantôt parlé de la fin de ma carrière. D’autres ont trouvé bizarre ma sélection pour la CAN.  Ils ont parlé un peu tôt. Avec le travail que l’on a abattu à la CAN, je vois qu’aujourd’hui les regards et les pensées ont changé sur ma personne ».

Au cours de cet entretien, il met en valeur les championnats sur le continent et exhorte même les footballeurs africains en difficulté en Europe à revenir à la source.

Trois clubs en trois ans en Côte d’Ivoire (2000-2002)

Lorsque « Le Bancé », pour les intimes, signe en 2000 au Stade d’Abidjan, il n’avait que 17 ans. A l’époque, probablement, il ne pensait pas qu’il allait collectionner les clubs tout au long de ses 18 ans de carrière. Pourtant, c’est ce qui lui est arrivé.

Il quitte son premier club ivoirien une saison après pour atterrir dans un autre, Athletic Adjamé.  Une année après, il signe toujours au pays de Félix Houphouët-Boigny à RFC Daoukro. En 2002, il revient dans son pays d’origine, Burkina Faso et devient joueur de Santons FC.

Départ pour l’Europe en 2003

En Europe, Aristide Bancé pose ses valises en Belgique dans le club de Lokeren (2003-2006) et plus tard à Germinal Beerschot (2007). De 2006-2008, il joue avec Metallurg Donetsk en Ukraine. Son périple ne fait que commencer.

En Allemagne il a porté les couleurs de Kickers Offenbach (2008), de  Mayence (2008-2010), de FC Augsbourg (2012-2014), de Düsseldorf (2013-2014) et Fortuna Düsseldorf (2013-2014).  Par contre, en Turquie il n’a joué que dans une seule équipe Samsunspor (2012-2014). Tout comme en Finlande, HJK Helsinki (2014-2015) et en Lettonie, Riga (2015).

Trois touches en Asie

Le tour du monde d’Aristide Bancé l’a amené sur le continent asiatique. Son nom figure dans les annales d’Umm Salal (2011) au Qatar,  d’Al-Ahlil Club (2010-2012) aux Emirats Arabes Unis et d’Irtysh Pavlodar (2015) au Kazakhstan.

Retour du globe-trotter en Afrique

Après ce parcours, le Burkinabé retourne sur le continent qui l’a vu naître. Chippa United en Afrique du Sud l’accueille pour la saison 2015-2016. Il quitte l’Afrique australe pour un tour sur le vieux continent avant de revenir porter le maillot d’ASEC Mimosas (2016-2017). Après une saison couronnée de titre de champion, il vient  de mettre le cap sur le Maghreb en signant à Al Masry.

  • RACINE BOIS ok bis

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