Allégresse et réprobation, du champion AS Togo Port à Gomido vaincu par la triche, le Togo étonne

Allégresse et réprobation, voilà les deux mots qui illustrent l’ultime journée de la Première Division, saison 2016-2017. Allégresse pour les équipes qui ont mené le juste combat, et réprobation pour celles qui manifestement ont triché. Personne de bonne foi n’a aimé ce qu’il s’est passé lors des ultimes batailles à distance entre les clubs qui luttaient pour leur maintien parmi l’élite. De Dapaong à Lomé en passant par Bassar, les armes innommables utilisées pour vaincre les adversaires n’honorent pas leurs utilisateurs. Et le plus illustratif de ces matches ignobles fut la rencontre qui opposa Gbikinti de Bassar à Maranatha de Fiokpo.

Gbikinti de Bassar vs Maranatha de Fiokpo, allégresse ou réprobation

Maranatha-de-Fiokpo

Maranatha de Fiokpo, une équipe solide aux ambitions affirmées. Elle n’a perdu aucun match par trois buts d’écart durant toute la saison, même devant les meilleures équipes. Semassi à Sokodé a subi sa loi, c’est tout dire. Et la voir s’effondrer trop facilement face à Gbikinti, soulève la réprobation des justes.

Les Lions de Bassar, blessés à mort, pouvaient battre une équipe de Maranatha qui n’avait plus rien à défendre. Vainqueur à Womé (2-1) Maranatha a éliminé Gomido en se faisant rosser par Gbikinti, onze buts contre zéro. On peut dire que les Lions de Bassar ont rempli leur mission. Ils ont éliminé par tous les moyens leur concurrent direct. Un proverbe bassar dit : « La vipère que tu as vue ne peut plus te mordre », autrement dit, « il faut être stupide pour se faire abattre par un ennemi identifié comme tel. »

Fidèle à cette philosophie, les Bassar ont fait ce qu’ils devaient faire pour éliminer Gomido de la course au maintien : battre Maranatha sur une marque de 11 buts d’écart. Les Lions ne se sont pas faits prier pour mettre 11 buts aux Messagers de Dieu qui leur ont ouvert un large boulevard vers leur propre but. S’il y a une équipe à incriminer, c’est bien Maranatha, pas Gbikinti qui a exploité l’aubaine. De toute façon, le mal est fait.

Les raisons objectives de penser à une triche

Vu le rapport de force entre les équipes en présence, il était impossible à Gbikinti de se sauver en obtenant les buts nécessaires. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, dit la science. Au vu des statistiques, Gbikinti est une équipe de qualité moyenne. Avant le match de la honte, elle a marqué 20 buts en 25 journées et surtout 9 buts lors des douze journées de la phase retour. Les Lions marquent donc en moyenne moins d’un but par match. Dans ces conditions, comment auraient-ils pu en marquer onze d’un seul coup sans la complicité de l’adversaire, en l’occurrence Maranatha qui n’a pas perdu un seul match par trois buts d’écart. Ou du moins, sans l’aide de l’arbitre de la partie.

Soyons clair ! Pour accomplir l’exploit qu’il a réalisé, il fallait à Gbikinti bénéficier d’autres moyens que ceux du football. Et seuls des moyens prohibés par l’éthique pouvaient rendre possible une si écrasante victoire sur la marque dévastatrice de onze buts contre zéro. Qu’on ne vienne pas nous expliquer le maintien de Gbikinti par la puissance occulte des Bassar. Ce serait faire injures aux prêtres traditionnels Bassar. Des gens intelligents. Ils préféreraient gagner des titres avec leur puissance plutôt que de l’utiliser pour assurer le maintien de leur équipe.

Cette victoire innommable des Lions de Bassar sur Maranatha de Fiokpo jette l’opprobre sur les deux équipes.  « A vaincre ou à perdre par la triche, on se fait bannir du monde des justes » disaient nos ancêtres. Pour Maranatha, une telle défaite historique restera indélébile.

Du jamais vu, la FTF doit réagir

Jamais, au Togo ou dans le monde, dans un championnat d’élite, une équipe en zone de relégation en fin de saison n’a réussi à vaincre une équipe en course pour le podium avec un écart de onze buts. Et comme par hasard, c’est juste ce qu’’il fallait à Gbikinti pour se maintenir dans l’élite. Mais la cerise sur le gâteau pour les fanatiques de Maranatha, c’est que Gomido, l’éternel rival a été exécuté et relégué en D2. La solidarité communautaire manifestement n’a pas pesé bien lourd devant la rivalité des puissants.

Il faut préserver l’éthique du jeu. Une enquête sérieuse est nécessaire pour déterminer les causes et les responsabilités d’un tel désastre pour l’image du football togolais. Et des correctifs doivent être apportés aux règlements généraux et des compétitions. Nous attendons donc la réaction de la FTF.

Related Posts

Éperviers-vs-Madagascar-
En enfer, il y a aussi de bonnes choses, le football togolais en est un exemple
Maranatha de Fiokpo
Maranatha de Fiokpo, une victoire à l’arraché qui fait du bien
US Koroki de Tchamba
US Koroki, champion inattendu de l’intersaison de D1, Gomido FC, un come back retentissant au sommet

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :